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Crise dans la crise 
Regard sur la situation de la diaspora africaine

Lorsque démarre au mois de septembre 2008 aux Etats-Unis la crise des crédits hypothécaires, laquelle est partie du statut de crise financière pour se développer en crise économique profonde ayant les effets d’une puissante bombe à fragmentation, très peu d’analystes imaginent les proportions catastrophiques voire dramatiques d’aujourd’hui. Le monde n’est plus simplement noyé dans la crise, il est dorénavant engagé dans l’écroulement de certains des symboles les plus forts qui caractérisaient la réussite économique. Toyota a pour la première fois de sa longue histoire, présenté un bilan déficitaire (trois milliards de dollars de pertes), et des institutions bien plus prestigieuses ont fermé leurs portes. Tous les ingrédients qui ont engendré la forte poussée vers des innovations technologiques audacieuses durant les vingt dernières années et un formidable accroissement du volume des échanges sont passés au rouge.
Les pays riches, jadis locomotives d’une certaine idée de l’entreprise, de la production et de la gestion, affichent un profil bas. La désorientation est totale, au propre comme au figuré. On attendait Obama comme un messie qui allait par son seul charisme, retourner la situation et permettre à l’économie mondiale de repartir. Pour lui, on a chanté, dansé, et imploré le ciel. Rien n’est arrivé qui puisse changer le cours du drame que vivent maintenant les peuples qui il y a moins de deux ans encore, passaient pour des peuples à l’abri, super consommateurs, super protégés socialement et confiants dans leurs systèmes de gouvernement et de conduite de l’économie.
Une soirée passée devant un poste de télévision dans n’importe quel pays en Europe vous annonce l’ampleur des malheurs résultants de la crise. Les faillites se succèdent, des secteurs entiers d’activité sont sinistrés et menacés de disparition, le chômage a atteint partout une cote d’alerte, les ménages sont surendettés et les aides des gouvernements ne suffisent vraiment plus. Rien que pour le mois de janvier, la France a enregistré 45.000 chômeurs de plus, portant le total sur l’année à 270.000. Les chiffres pour toute l’Europe sont tout simplement affolants, pendant que pour les Etats-Unis, la situation a dépassé le stade de commentaire et de catastrophe.

Retour à la xénophobie et au protectionnisme
Ce qui est grave dans ce tableau sombre, c’est que rien ne se présente de façon rassurante pour les prochains mois. Au contraire, les spécialistes de la prévision les plus optimistes, ne voient que des ténèbres à brève échéance.
Dans ce contexte, une autre crise, autrement plus grave et plus déroutante, frappe particulièrement les immigrés africains, qu’ils soient naturalisés, en situation régulière ou clandestins. C’est connu que lorsque les choses vont mal, c’est d’abord l’étranger qui est pointé du doigt. Si quelqu’un doit payer le prix fort, c’est d’abord celui qui vient d’ailleurs. Mais si seulement les choses pouvaient se limiter à une simple difficulté du moment au niveau de chaque individu. Ce qui inquiète, c’est la montée de la xénophobie. Partout en Europe, les bruits de la chasse aux étrangers refont surface et sont même officielles.
Parce qu’ils sont désemparés, les gouvernements européens ne semblent pas en mesure d’endiguer ou de contrer les sentiments discriminatoires qui montent des profondeurs des populations abattues par la crise. Pire, certains dirigeants n’hésitent plus à prôner ouvertement le protectionnisme. Or qui dit protectionnisme dit xénophobie, préférence nationale et exclusion. Pour bien comprendre notre centre d’intérêt, il faut se replacer dans la réalité de la diaspora africaine qui compte pas moins de vingt millions d’âmes en Europe et en Amérique. Dans ce nombre, il faut inclure les travailleurs précaires, les étudiants, les stagiaires éternels et tous ceux qui ne savent pas vraiment pourquoi ils sont dans ces pays.
Si l’on ne prend que les étudiants des familles pauvres qui sont obligés de jouer avec de petits boulots pour soutenir leurs études, la crise a provoqué chez certains un vrai cataclysme. Les pertes d’emploi se multiplient et les nuits blanches ont remplacé les espoirs de retour au pays dans un an, deux ou trois ans. Il faut encore inclure les jeunes cadres, ceux qui ayant terminé, se livraient à la recherche de quelques économies. Il n’est plus possible pour beaucoup, d’envisager des projets, ni même de faire le saut dans d’autres rêves. C’est dur et même trop dur pour la plupart. Le cas des clandestins arrivés avec des visas court séjour est hors de tous propos. C’est le suicide et l’on en rencontre qui présentent tous les signes de personnes aliénées. Dans ces conditions, l’heure n’est plus aux questionnements sur les raisons de l’immigration. Un nombre important d’Africains se trouve objectivement dans la situation de personnes en danger nécessitant un soutien, une prise en charge, une assistance.

La responsabilité des
gouvernements africains
Le droit international classique établit une relation intime et étroite entre chaque individu et l’Etat dont il porte la nationalité. En fait, il y a entre votre Etat et vous, les autorités de votre pays et vous, une relation dialectique qui crée des contraintes, en somme des obligations au-delà de ce que le commun des mortels peut imaginer. Certes, il est facile de soutenir que les individus demeurent libres de jouir de leur liberté d’aller et de venir, de s’établir hors de leurs frontières nationales, d’y mener la vie et les activités de leur choix selon les lois du pays d’accueil. Cette faculté n’enlève rien à l’obligation de protection et d’assistance de l’Etat vis-à-vis de son citoyen, laquelle procède autant des critères purement juridiques que de critères moraux et psychologiques.
Le comportement des Etats africains à l’endroit de leurs nationaux expatriés est une honte, une injustice intolérable, une démonstration chronique d’irresponsabilité. La plupart ont à peine une vraie politique de dialogue et d’encadrement, pourtant il s’agit de groupes composés surtout de jeunes gens de moins de 40 ans voire 35 ans, et souvent de haute qualification. Les dirigeants africains donnent le sentiment de se ficher éperdument de l’importance stratégique et de l’apport de ces dizaines de milliers de médecins, d’ingénieurs, de professeurs et de docteurs qui emplissent les usines, les hôpitaux et les universités étrangères.
En fait, l’on découvre à travers cette désinvolture ouverte, la nature de la plupart des régimes africains et l’étalage de leur peur de voir rentrer au pays des cadres exigeants, politisés et militants du changement. Comment pourrait-on expliquer autrement que par l’obscurantisme, la rancune et la bêtise, l’absence de toute politique d’assistance et d’appropriation des immenses ressources humaines planquées en Europe et en Amérique ? Ce n’est pas de gaîté de cœur que ces jeunes gens vivent et meurent dorénavant loin de leur pays. Beaucoup subissent le drame permanent de l’abandon et digèrent très mal cette forme de nostalgie meurtrière.

Des mesures d’urgence
et une politique d’encadrement
Il est urgent de saisir l’occasion de la crise économique actuelle pour engager des initiatives audacieuses tendant à assurer et à encourager le retour des cadres africains dans leur pays. Une simple déclaration d’intention serait déjà un grand pas et une expression de solidarité, de reconnaissance et de fraternité. Les Africains ne quittent pas leur pays avec l’intention d’aller s’éterniser à l’étranger, ils sont plutôt vexés et contrariés à la fois par l’évolution négative de celui-ci et les contraintes de leur environnement immédiat au plan affectif, professionnel et académique. Les gouvernements africains doivent tout mettre en œuvre pour se montrer responsables à l’égard de leurs nationaux expatriés et encourager leur retour.
Dans cette optique, la reconnaissance de la double nationalité, la généralisation du droit de vote, la création d’un département ministériel spécialement chargé de la diaspora et des dispositions pratiques d’accueil au pays de ceux qui rentrent sont parmi les actions les plus immédiates. Il faut à la fois faciliter l’intégration des rentrants et offrir la possibilité à ceux qui sont porteurs de projets d’entreprise de les réaliser sans trop de tracasseries administratives, fiscales ou politiques. Il faut mettre fin à la suspicion, à l’ostracisme et à l’indexation négative de la diaspora. Si seulement 50% des cadres africains revenaient au bercail, le continent connaîtrait en moins de cinq ans une transformation exponentielle et résoudrait une bonne partie de ses problèmes. Mais encore faudrait-il que la condition première de l’existence d’un cadre institutionnel effectivement transparent et démocratique soit satisfaite.

Par SHANDA TONME / Le messager 

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